20 janvier 2008

L’angoisse de la page blanche aussi chez les experts médicaux

4a91a89ebf07be4a41e1ca98c2a37394.jpgJe pensais naïvement que l’angoisse de la page blanche était réservée aux professionnels de l’écriture qui, sous l’emprise de l’habitude et du volume à rédiger, développaient une sur-exigence synonyme d'inhibition, voire parfois d’annihilation.

Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir que des praticiens aussi « normés » que ceux de l'expertise médicale connaissent aussi cette défaillance face à leur dictaphone.

Un accident de la voie publique (ah ! les jolis mots du monde de l'assurance !) m'a amenée à rencontrer un médecin « agréé, diplômé de réparation juridique du dommage corporel » (tout ceci, bien sûr, avec des majuscules à chaque mot*).

« Madame, comment est survenu l'accident ? » Oui, c'est d'abord moi qui ai été confrontée à cette surface vierge : l'ignorance des circonstances de l'accident par mon interlocuteur. « Eh bien, euh... ». L'hésitation comprend sa part aussi de fatigue. Cent fois j'ai répétée ces circonstances, comment varier le discours ici, l'adapter à cet interlocuteur en blouse blanche, prêt à tout répéter à son dictaphone ?

Je répète donc, à lui aussi.
Quelques questions pour éclairer sa compréhension.
Puis la balle est dans son camp pour l'écriture de ce premier chapitre du rapport médical.

« Je reçois aujourd'hui madame bla bla, pour le dossier truc. Madame bla bla circulait en bicyclette quand... » Et là, blanc.

J'ai vu son regard chercher dans le mien les mots pour le dire mais, surprise et trop heureuse de reconnaître ce syndrome, je me suis abstenue de les lui souffler.

« C'est difficile de commencer, n'est-ce pas ?... »

Marielle

* Cela me fait d'ailleurs penser que je dois aux lecteurs de ce blog, comme je le fais régulièrement à mes clients, quelques recommandations sur l'usage des majuscules que l'univers professionnel se plaît trop à dévoyer. @ suivre donc.

La photo est de Gilbet Garcin dont j'ai parlé il y a quelques jours. Son titre : La crainte de l'ignorance

13 janvier 2008

Un autre Gilbert expose au Chateau d'Eau...

Dépêchez-vous : c'est jusqu'au 20 janvier à la Galerie du Chateau d'Eau, à Toulouse, bien sûr. 

Gilbert Garcin, sympathique marseillais de 90 ans, se met en scéne photographiquement pour décrire avec une dérision et un humour rares notre condition humaine.

Il y a du Jacques Tati, du Samuel Beckett dans ce petit monsieur qui ne pratique que l'autoportrait pour des messages universel.

Je ne résiste pas à la tentation de vous faire découvrir sa conception de la communication :

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Communiquer 

 Allez, une autre :

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L'ambition raisonnable 

 Vous êtes séduits ? Envie de découvrir ce personnage délicieux : foncez vite au Chateau d'Eau ou consolez-vous en visitant son site qui regroupe toute sa production (www.gilbert-garcin.com)

Marielle