29 mai 2008
Le blog comme support de roman collectif
Beaucoup connaissent certainement les ateliers d’écriture. Sur la base de consignes et de contraintes, on délie les imaginations et, par la même occasion, les plumes (ou les claviers).
Dans les métiers de la communication, l’écriture est un exercice quotidien, rigide et codifié. On y parle rarement à la première personne et on pratique peu la fantaisie, même si la créativité doit nourrir nos textes.
D’où l’idée d’amener des professionnels de la communication à se commettre dans un jeu d’écriture – oui un jeu, autrement dit, du plaisir avant tout sans se prendre au sérieux !
Toulouse recevant prochainement le Marathon des mots, pourquoi ne pas faire notre propre marathon des mots entre communicants ?
Avec ma complice Isabelle Gervais, du Petit atelier des mots, nous avons posé les jalons d’un roman collectif qui s’écrit désormais depuis le 20 mars jusqu’au 27 avril 25 mai, par les adhérents du Club de la communication de Toulouse.
Le blog leclubfaitsonmarathon.wordpress.com permet d’accueillir les chapitres d’un carnet de voyage qui s’écrit tout autour du bassin méditerranéen, au fur et à mesure du ralliement de nouveaux auteurs/contributeurs.
La participation est réservée aux membres du Club de la communication - de jeunes auteurs toulousains rejoignent l'aventure depuis quelques jours... - mais la lecture de l’aventure de Roger Mann sur les routes des suds est ouverte à tous ! Les commentaires sont mêmes les bienvenus !
Et vous, vous choisiriez quelle étape ?
Enfin, heureux toulousains, vous pourrez même écouter une sélection des pérégrinations de Roger Mann lue parJulien Sabatié-Ancona, comédien toulousain :
Jeudi 12 juin, à 19h30
Espace Hébraïca, à Toulouse
(2 place Riquet)
Marielle
18:14 Publié dans C bien ça ! | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : écriture, mots, club, roman
20 janvier 2008
L’angoisse de la page blanche aussi chez les experts médicaux
Je pensais naïvement que l’angoisse de la page blanche était réservée aux professionnels de l’écriture qui, sous l’emprise de l’habitude et du volume à rédiger, développaient une sur-exigence synonyme d'inhibition, voire parfois d’annihilation.
Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir que des praticiens aussi « normés » que ceux de l'expertise médicale connaissent aussi cette défaillance face à leur dictaphone.
Un accident de la voie publique (ah ! les jolis mots du monde de l'assurance !) m'a amenée à rencontrer un médecin « agréé, diplômé de réparation juridique du dommage corporel » (tout ceci, bien sûr, avec des majuscules à chaque mot*).
« Madame, comment est survenu l'accident ? » Oui, c'est d'abord moi qui ai été confrontée à cette surface vierge : l'ignorance des circonstances de l'accident par mon interlocuteur. « Eh bien, euh... ». L'hésitation comprend sa part aussi de fatigue. Cent fois j'ai répétée ces circonstances, comment varier le discours ici, l'adapter à cet interlocuteur en blouse blanche, prêt à tout répéter à son dictaphone ?
Je répète donc, à lui aussi.
Quelques questions pour éclairer sa compréhension.
Puis la balle est dans son camp pour l'écriture de ce premier chapitre du rapport médical.
« Je reçois aujourd'hui madame bla bla, pour le dossier truc. Madame bla bla circulait en bicyclette quand... » Et là, blanc.
J'ai vu son regard chercher dans le mien les mots pour le dire mais, surprise et trop heureuse de reconnaître ce syndrome, je me suis abstenue de les lui souffler.
« C'est difficile de commencer, n'est-ce pas ?... »
Marielle
* Cela me fait d'ailleurs penser que je dois aux lecteurs de ce blog, comme je le fais régulièrement à mes clients, quelques recommandations sur l'usage des majuscules que l'univers professionnel se plaît trop à dévoyer. @ suivre donc.
La photo est de Gilbet Garcin dont j'ai parlé il y a quelques jours. Son titre : La crainte de l'ignorance.
16:35 Publié dans Il ne manque plus que ça ! | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : écriture, page blanche, mots, Gilbert Garcin
07 février 2007
Les briefs clairs font les bons projets !
« Clean briefs make good projects (or, as they used to say in the Cold War : Y-fronts prevent fallout) », écrit-il. Pour la compréhension de cette virile citation, je ne donnerais d'un indice : y-fronts = slip kangourou !
Bien que n'ayant que peu d'expérience dans les « y-fronts », je partage totalement le point de vue de l'auteur du blog Bad Language. Voilà pourquoi je me suis livrée au périlleux exercice de la traduction pour en faire profiter tous mes clients – et futurs clients ! – francophones. (tous commentaire, correction, précision sur cette transposition seront les bienvenus).
Voici donc la structure du cahier des charges que tout client sympa devrait préparer et tout bon rédacteur, compléter. Avec, entre crochets, mes remarques.
- Titre :
Le nom du document ou du projet
- Client :
les coordonnées de la personne qui commande la prestation mais aussi de celle qui sera mon interlocuteur principal, sans oublier de mentionner l'identité et la fonction de celle qui, en dernier ressort, valide et donne le bon à tirer.
- Objectifs :
Qu'attend le client des feuillets qui vont être écrits ? Que doivent-ils déclencher ? Ces objectifs sont-ils cohérents et réalistes ? [ici, j'ai pour ma part l'habitude de distinguer deux types d'objectifs : -
- ceux affichés : je veux présenter mon entreprise, je veux expliquer telle modification législative, etc.
- et les sous-jacents : je veux qu'on me distingue très clairement de mon principal concurrent ou, au contraire, je veux qu'on comprenne tout de suite de je fais la même chose que tel leader de ce marché, je ne veux pas saturer mon service d'assistance clients avec des questions relatives à telle réglementation qui impacte indirectement mon produit, etc.]
- Longueur :
Combien de mots, de pages ? Il est étonnant de constater combien les clients négligent ce point pourtant fondamental pour le rédacteur. Les mots [les caractères, blancs compris] sont notre fond de commerce et leur décompte, la mesure de notre travail !
- Cible :
Qui est visé par ce projet ? Plus j'aurais de détails sur le public, meilleur sera mon travail. Il faut fournir le plus d'informations possibles sur le lecteur type. Que lit-il d'autre ? Quelles sont ses préoccupations, ses priorités ?
- Vocabulaire :
Quels sont les mots ou les expressions dont nous pouvons supposer qu'ils sont compris de notre cible ? Ecrire par exemple pour des informaticiens requiert un vocabulaire différent que d'écrire pour des docteurs. Quels sont les termes que nous devons absolument utiliser ET expliquer ? Un soin particulier sera porté aux mots et expressions qui signifient beaucoup pour le client mais rien pour le lecteur.
- Style :
Français courant ou français châtié ? [Anglophone, Matthews Stibbe demandait initialement à préciser anglais ou américain]. Etudes de cas, communiqués de presse et, notamment, livres blancs : tous ces documents répondent à des usages et des publics différents d'où la nécessité de définir exactement le format le plus indiqué. Le cas échéant, prendre des exemples : le texte devra être lu comme le serait un article de The Economist ou du Financial Times.
Des procédures spéciales sont-elles à respecter : ton de voix, marque déposée, style ? Dans l'affirmative, sont-elles fournies et qui peut me les présenter et m'assister dans leur prise en compte correcte.
- Synthèse :
Un long paragraphe ou un sommaire sous forme de liste à puce reprenant le déroulement et les principaux points du document ?
- Format de livraison :
Microsoft Word ? HTML ? Les illustrations sont-elles à fournir ? Des notes préparatoires, bibliographiques ? Les documents destiné à la publication en ligne sont écrits différemment, aussi la précision du format de livraison est-elle particulièrement importante.
[Au-delà du format de livraison, j'ai pour habitude de demander à mes clients s'ils prévoit de décliner le document ou le texte sur un autre support que celui indiqué dans la commande. Il est toujours plus pertinent – et rentable – de prévoir ces « duplications » que nous saurons parfaitement adapté aux spécificités de chacun des supports ou des médias !]
- Tiers intervenants :
D'autres personnes doivent-elles être impliquées, soit parce qu'elles fournissent du contenu, soit qu'elles le valident ? Typiquement, les agences de relations publiques ou de communication.
- Ressources fournies par le client :
Que peut me fournir mon client pour m'assister dans la rédaction de son document ? Planification d'entretiens, accès aux porte-paroles, exemples, rapports, données diverses... Idéalement, ce paragraphe liste tout ce qui est à préparer ou faire par le client qui ainsi en a une vision claire.
- Honoraires, droits, délais :
Quels sont les supports et les diffusions prévues ? Les droits d'auteur sont-ils cédés ou limités ? Quels sont le délai et la date-limite finale ? le tarif et le délai de règlement ? Qui valide en dernier lieu ? Quels sont les exclusivités et puis-je, par exemple, utilisé ce document pour ma propre publicité ? Y a-t-il une clause de confidentialité ?
- Conditions de ventes :
Vous savez, le texte écrit en tout petit en bas de toutes les commandes !
Avec un cahier des charges aussi complet, c'est sûr, nous ne pouvons faire que du bon boulot (lisez ou relisez le billet Visez la bonne pomme sur la bonne tête… et libérez votre plume ! ).
Marielle
22:05 Publié dans Ca va mieux com' ça ! | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : brief, écriture, cahier des charges, rédaction
05 février 2007
La ponctuation : retour aux fondamentaux
Voilà quelques temps que j'ai refermé la dernière page de l'excellent opus d'Olivier Houdart, correcteur au Monde.fr et co-auteur du blog Langue sauce piquante, et de Sylvie Prioul, secrétaire de rédaction au Nouvel Observateur : La ponctuation ou l'art d'accommoder les textes. Un retour aux fondamentaux de l'assaisonnement de nos écrits parmi lesquels, je l'avoue, j'ai redécouvert certaines règles ou possibilités oubliées... Serais-je la seule ?
« Ciel ! mon mari... »
Essayez d'écrire cette exclamation à l'aide de votre traitement de texte. Vous aussi, vous avez dû revenir sur le « m » de « mon » pour le forcer à rester en minuscule ? N'en déplaise à nos trop autoritaires logiciels, points d'exclamation et d'interrogation ne clôturent pas systématiquement une phrase et ne sont pas, à ce titre, toujours suivis d'une majuscule. Des exemples ?
Pour la première fois depuis que je vivais avec cette femme, j'eus quoi ? honte, oui, de sentir son bras enlacé au mien.
M. Duras, Le Marin de Gibraltar
Bon d'accord ! nous n'écrivons pas tous les jours comme Marguerite Duras et le cas est plus fréquent dans une phrase interrogative suivie d'une incise - « demande-t-il », « interroge-t-il », etc. :
Et qu'est-ce qu'ils ont d'extraordinaire les nichons de ta soeurs ? demandait l'un.
B. Cendrars, La Main coupée
A noter, par conséquent, qu'une série d'exclamations ou d'interrogations non suivies de majuscules ne constitue pas une erreur typographique et répond bien à une volonté stylistique de l'auteur :
J'ai préparé une série de question mitraillette, histoire d'évacuer tout de suite les points importants : Ton âge ? t'es solo ? depuis quand ? qui est parti ? pourquoi ? tu fais quoi dans la vie ? t'as des enfants ? tu cherches quoi ici ?...
Nick, Des souris et un homme
Eh bien ! c'est ça ! dors !
G. Feydeau, Feu la mère de Madame
Dans le même registre du bon usage, j'ai trouvé la confirmation que deux deux-points peuvent se rencontrer dans une même phrase :
Les raisons du non varient d'une organisation syndicales à l'autre : celles de la CGT sont simples : défense du service public.
Le Nouvel Observateur
que « ni », employé seul, ne doit pas être précédé d'une virgule :
Jamais la pauvreté ni la crainte d'y tomber ne m'ont fait pousser un soupir [...].
J.-J. Rousseau, Les Confessions
ou encore que le tiret fermant, « - », s'efface devant deux-points, point-virgule ou tout autre signe de clôture :
Et peut-être, pour le comprendre, faut-il lire son roman de jeunesse, jusqu'ici inédit en français, Rossinante reprend la route, écrit pendant ses premiers voyages en Espagne entre 1916 et 1920, paru en 1922 – il avait alors 26 ans.
Le Monde des livres
Tous les exemples cités ici sont extraits de La ponctuation ou l'art d'accommoder les textes.
Je ne saurais que trop recommander cette rafraîchissante lecture à tous ceux qui traquent la coquille ou le mésusage – si, si, ce mot existe ! – dans les écrits professionnels.
Marielle
08:10 Publié dans Ca va mieux com' ça ! | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : écriture, ponctuation, typographie
26 septembre 2006
Le message est aussi dans l'image
Quelle soit fixe ou mobile, l’image est partout autour de nous, le plus souvent sous forme photographique. Quel est son rôle, quelle place, importance, lui donner au sein des divers supports de communication ?
Utilisée en complément des mots, elle est le plus souvent réduite à un rôle purement descriptif (certes, quoi de plus descriptif pour une couleur que la couleur elle-même ! ), illustrant ainsi des propos, agrémentant une présentation, ou plus gratuitement bouchant un « trou » dans une maquette.
On oublie bien vite qu’il s’agit d’un mode d’écriture, d’une autre langue avec ses propres codes. Cet autre angle, cet autre point de vue est en relation plus directe avec nos émotions via notre perception visuelle. Le cadre photographique ouvre aussi à l’interprétation puisque, par essence, il est un positionnement, un choix fait au moment de la prise de vue mais aussi au moment de la lecture. Chaque spectateur va au travers de son propre regard interpréter l’image qu’il voit. Intervient alors la qualité, le talent du photographe qui maîtrise les codes de cette écriture et amènera alors son lecteur à la « bonne » compréhension.
La photographie devient alors un outil de communication, à part entière, au service du message.

Ce client voulait donner une image plus "moderne" de son entreprise de déménagement. Sa base line étant "L'expert en mouvement", mon choix fut de partir sur des images "floutées", avec du mouvement afin aussi de casser l'image de "gros dur" du déménageur... un peu de finesse dans ce monde de brutes.
Guillaume Oliver
Guillaume est photographe professionnel installé à quelques encablures de Toulouse. Avec lui, les briefs durent cinq minutes, montre en main. Lui aussi est un communicant efficace et talentueux !
Son site est ici !
09:00 Publié dans Eux aussi, ils sont com' ça ! | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : photographie, message, écriture, communication





